Un décret publié le 28 décembre 2025 vient modifier et enrichir deux tableaux de maladies professionnelles.
Objectif : mieux reconnaître les pathologies liées à certaines expositions professionnelles, notamment pour les personnels engagés dans la lutte contre les incendies et les opérations de sauvetage.
Rappel : comment une maladie est reconnue comme professionnelle ?
Lorsqu’une maladie figure dans un tableau de maladies professionnelles et qu’elle est contractée dans les conditions prévues (type de travaux, durée d’exposition, délais), le salarié bénéficie d’une présomption d’origine professionnelle. Il n’a pas à prouver le lien entre son travail et la maladie.
Ce qui change avec le nouveau décret (Décret n°2025-1349 du 26 décembre 2025 révisant et complétant les tableaux des maladies professionnelles annexés au livre IV du code de la sécurité sociale)
Depuis le 29 décembre 2025, les tableaux suivants sont complétés :
- Tableau n°16 bis (affections cancéreuses liées aux goudrons, suies, brais)
– Intégration des activités de lutte contre les incendies (urbains, ruraux, espaces naturels), y compris :- les formations exposantes
- les interventions
- le déblai et le nettoyage du matériel
- Tableau n°30 (affections liées à l’inhalation de poussières d’amiante)
– Ajout :- des activités de lutte contre les incendies
- des opérations de sauvetage et de déblaiement lors d’effondrements de constructions
Ces évolutions concernent notamment les risques de cancers, longtemps signalés par les professionnels exposés.
Démarches à retenir
- Les travailleurs concernés peuvent déposer une demande de reconnaissance auprès de leur CPAM.
- Important : la demande est possible même après avoir quitté l’entreprise.
Ce qu’il faut retenir :
✔ Les tableaux de maladies professionnelles évoluent avec les connaissances scientifiques
✔ Certains métiers fortement exposés bénéficient désormais d’une meilleure reconnaissance
✔ La prévention et l’information restent essentielles pour protéger durablement les travailleurs
Impacts pour les employeurs
L’enrichissement des tableaux de maladies professionnelles a des conséquences concrètes pour les employeurs concernés :
- Renforcement des obligations de prévention
Les activités de lutte contre les incendies et de sauvetage étant désormais explicitement reconnues, l’évaluation des risques doit intégrer ces expositions spécifiques (fumées, suies, amiante, produits de combustion). - Mise à jour du DUERP
Les nouveaux risques reconnus doivent être pris en compte dans le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels, ainsi que dans le plan d’actions associé. - Importance accrue de la traçabilité des expositions
Le suivi des expositions, des formations et des équipements de protection devient un enjeu majeur en cas de demande de reconnaissance de maladie professionnelle. - Renforcement de la formation et de la sensibilisation
Informer et former les équipes aux risques, aux bons gestes et aux moyens de protection est essentiel pour limiter l’exposition et répondre aux exigences réglementaires.
Anticiper ces évolutions, c’est réduire les risques humains, juridiques et organisationnels.
Ces évolutions réglementaires rappellent l’importance de former régulièrement les équipes et les encadrants à la santé sécurité au travail, afin d’anticiper les risques et de structurer une prévention durable.
